L'air parisien égale le tabagisme passif.

C’est l’une des présentations possibles des résultats de mesures des particules dans l’air parisien par un instrument scientifique du CNRS embarqué dans un ballon captif. Cet instrument, le LOAC (Light Optical Aerosol Counter, mis au point au Latmos, un des laboratoires de l’Institut Pierre Simon Laplace) peut compter et mesurer la taille des particules dans la colonne d’air de 0 à 300 mètres d’altitude, indépendamment de leur nature chimique. Il était embarqué dans le ballon Generali (la compagnie d’assurances).

Ce matin, les partenaires (Airparif, CNRS, Generali et la Mairie de Paris) présentaient les résultats de 18 mois de mesures.

Lors de ces 18 mois, deux épisodes majeurs de pollutions, en décembre 2013 et mars 2014 ont eu lieu. Les mesures du LOAC, cohérentes avec celles réalisées en routine par Airparif, ont montré, entre le 9 et le 14 décembre 2013, une pollution moyenne de trois millions de particules fines par litre d’air. Bien plus que les 200.000 d’une journée «normale» à Paris. Avec un record à six millions de particules fines le 13 décembre 2013 à 18H00.

Les particules plus petites qu’un micron sont les plus dangereuses pour la santé, car elles pénètrent plus profondément dans les organismes, dans les poumons, et même au-delà, en passant les barrières. Les épidémiologistes estiment à 42.000, en France, les décès prématurés liés à l’exposition chronique aux particules fines. Des particules qui, montrent les analyses, proviennent pour l’essentiel du trafic automobile.

En revanche, ce sont les circonstances météorologiques qui les accumulent, par manque de dispersion par les vents. Ce qui peut conduire à des concentrations très élevées, similaires à celles du tabagisme passif dans une pièce fermée pour 8 cigarettes, expliquent les scientifiques.

Par Sylvestre Huet, journaliste à « Libération », le 24 novembre 2014.

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