Les découvertes de séropositivité ne diminuent pas en France.

Le Monde.fr avec AFP | 01.04.2014 à 02h23 • Mis à jour le 01.04.2014 à 08h14.

 

Le nombre de personnes découvrant leur contamination par le virus du sida, le VIH, ne faiblit pas en France, selon une étude qui chiffre à près de 6 400 les « découvertes de séropositivité » en 2012, avec une « forte augmentation » chez les homosexuels.

Après avoir « diminué significativement entre 2004 et 2008 », le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité s'est stabilisé autour des 6 200 par an ces dernières années, relève l'étude de l'Institut national de veille sanitaire (INVS) publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). On estime en France qu'environ 150 000 personnes vivent avec le virus du sida, mais parmi eux 30 000 à 40 000 ignorent leur contamination.

Pour 2012, année sur laquelle porte cette étude, 6 372 personnes ont découvert leur séropositivité, contre 6 087 en 2011, 6 247 en 2010 et 6 320 en 2009.

RÉPONSE EN QUELQUES MINUTES

L'analyse par catégorie montre une « forte augmentation » des « découvertes de séropositivité » parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), avec une poussée de 14 % en 2012 contre 3 % en moyenne par an entre 2003 à 2011.

Cette augmentation peut être liée à « un recours au dépistage plus précoce » dans la population homosexuelle, avec la généralisation des tests rapides d'orientation diagnostique (TROD), qui permettent d'obtenir une réponse en quelques minutes seulement contre plusieurs jours pour le test classique.

En 2012, plus de 32 000 TROD ont été réalisés, dont 13 000 parmi la population homosexuelle. Ces tests ont permis à environ 260 personnes (dont deux tiers d'homosexuels) de découvrir leur séropositivité.

PART CROISSANTE DES PLUS DE 50 ANS

Parallèlement, l'étude note une stabilité des découvertes de séropositivité chez les hétérosexuels en 2012 avec des diagnostics faits en moyenne de façon relativement tardive. « Les personnes âgées de 50 ans ou plus au moment du diagnostic représentent une part croissante des découvertes de séropositivité », souligne encore l'étude. Dans cette catégorie, le diagnostic se fait plus tardivement que chez les plus jeunes, « souvent » à l'occasion de complications comme les pneumonies ou tuberculoses.

L'analyse géographique montre que c'est toujours en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique et en Ile-de-France que les découvertes sont les plus nombreuses (en taux par millions d'habitants).

Enfin, l'analyse par origine des populations infectées en 2012 montre que plus de la moitié (54 %) de celles-ci sont nées en France et 31 % en Afrique subsaharienne. La proportion de personnes nées en France parmi celles qui ont découvert leur infection « a régulièrement augmenté entre 2003 et 2012 » passant de 41 % à 54 %, tandis que la part des personnes nées en Afrique subsaharienne a baissé de 44 % à 31 %.

Sida : des populations à risque qui négligent le préservatif.

Le Monde.fr avec AFP | 29.11.2013 à 01h39 • Mis à jour le 29.11.2013 à 09h11.

 

Le préservatif semble être remis en question pour la prévention du sida chez les populations à risques qui ont tendance à faire davantage confiance aux tests de dépistage ou aux traitements antirétroviraux, selon deux études publiées vendredi 29 novembre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

 

Même si le préservatif est toujours considéré comme le moyen le plus efficace pour se protéger du virus du sida (VIH), des enquêtes réalisées dans les départements français d'Amérique – Martinique, Guadeloupe et Guyane –, nettement plus touchés par l'épidémie de sida que la métropole, font apparaître des doutes grandissants à son sujet.

 

Alors qu'en 2004, 69 % des personnes interrogées estimaient qu'il s'agissait d'un moyen « tout à fait efficace », elles n'étaient plus que 57 % en 2011. A l'inverse, 70 % estimaient en 2011 que faire régulièrement un test de dépistage était une manière « tout à fait » ou « plutôt » efficace pour se protéger du sida, alors qu'elles étaient 63 % en 2004.

 

« Ces évolutions peuvent être le résultat des campagnes de prévention diffusées depuis le début des années 2000 et fortement orientées vers le dépistage » et qui ont pu « contribuer à brouiller quelque peu la place du préservatif comme principal outil de prévention », soulignent les auteurs de l'étude.

 

DE MOINS EN MOINS UTILISÉ CHEZ LES HOMOSEXUELS.

 

La même défiance vis-à-vis du préservatif se retrouve dans une étude réalisée en 2011 auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, un groupe à risque. L'étude épidémiologique rapporte ainsi une diminution de l'usage systématique du préservatif depuis 2000, quel que soit le statut sérologique des personnes.

 

Sur les 1 333 séropositifs interrogés en 2011 et ayant eu au moins un partenaire occasionnel les douze derniers mois, seulement 18 % utilisaient systématiquement le préservatif. 75 % recevaient des traitements antirétroviraux alors qu'ils avaient une charge virale (quantité de virus dans le sang) indétectable, contre 60 % en 2004.

 

 

 

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