"Echos - Réunion".

Dans les entrailles du piton de la Fournaise.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 14.07.2014 à 15h17 • Mis à jour le 15.07.2014 à 07h25 |

Par Viviane Thivent (La Réunion).

« C’est fini l’époque des Kraft, ce couple de volcanologues en combinaison blanche dont les images ont fait le tour du monde : aujourd’hui, la volcanologie, c’est une affaire de calculs, d’ordinateurs. Tout peut se faire à distance, de son bureau. » L’affirmation, faite à froid dans les locaux de l’Institut des sciences de la Terre (ISTerre) de Grenoble, est de Florent Brenguier. Quelques mois plus tard, ce jeune chercheur a de quoi déchanter. A quatre pattes sur le flanc ouest du piton de la Fournaise, sous une pluie rendue agressive par le froid et le vent, il essuie, agite, tapote sans relâche des connectiques détrempées qui refusent d’activer l’un des 300 capteurs qu’il compte installer sur ce volcan réunionnais.

 Objectif ? Créer, pendant un mois, trois antennes carrées de 100 capteurs chacune et de 500 mètres de côté, qui agiront comme des « télescopes » tournés non pas vers le ciel, mais vers l’intérieur du volcan. Vers une zone précise, située à trois kilomètres de profondeur, juste au-dessus du niveau des mers, et qui pourrait contenir de la lave. « Avec les techniques de surveillance classiques, basées sur l’analyse directe des ondes sismiques, cette partie du volcan est invisible parce que située sous, et non pas sur la principale source de sismicité, avait expliqué le trentenaire. L’idée du projet VolcArray est d’utiliser un signal bien plus ténu, mais aussi bien plus profond, pour visualiser cette région du volcan. » Une première mondiale qui, pour être réalisée, nécessite quand même de déployer 750 kg de matériel.

 

                                                                               

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Le surprenant périple des tortues marines.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 14.07.2014 à 16h03 • Mis à jour le 15.07.2014 à 07h26 |

Par Viviane Thivent (La Réunion).

Un, deux. A trois, une petite blonde et un grand brun, tous deux la vingtaine et le tee-shirt bleu, soulèvent le corps de Solange, 54 kilos. En douceur, ils la posent contre le boudin d’un Zodiac bleu, la stabilisent. Puis la balancent par-dessus bord. Sans regret. De Solange ne reste plus qu’un petit bouillon blanc. Puis plus rien. Que le bleu de l’océan Indien et, au loin, l’île de la Réunion.

 « Là ! » Entre les vagues, le jeune homme désigne une tache rouge. La couleur de la résine qu’il a utilisée pour coller une balise Argos sur la carapace de Solange, une tortue caouanne juvénile (Caretta caretta) qui, en mai, s’était fait prendre au large par un hameçon. Par un palangrier. « La première fois qu’un pêcheur nous a apporté une tortue blessée, c’était en 2006, raconte Mayeul Dalleau, chargé de mission à Kélonia, l’observatoire des tortues marines de la Réunion. Depuis, nous avons passé un accord avec une trentaine de palangriers locaux. Ils nous rapportent les tortues marines qu’ils attrapent accidentellement. » Vingt à trente arrivent ainsi chaque année à Kélonia. Pour la plupart, il s’agit de juvéniles, âgés de 10 à 20 ans.

« Nous les opérons pour retirer l’hameçon, continue Anaïs Payet, soigneuse à Kélonia. Nous les gardons dans des bassins individuels le temps nécessaire à leur rétablissement puis nous les relâchons dans le milieu naturel. »Comme aujourd’hui pour Angélique, 67 kilos, qui patiente au fond de sa bassine pendant que Solange file droit vers le nord.

 

 

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Un hélicoptère va analyser La Réunion. A la découverte de nos sous-sols

Source : www.ipreunion.com - Publié le 06/05/2014 à 15h04.

 

Ce mardi 6 mai 2014, et tout au long de l’hiver austral, un projet de "géophysique héliportée" se déploie à La Réunion. L’objectif : réaliser une couverture complète de l’île, en magnétisme et électromagnétisme haute résolution. Les données, récoltées au moyen d’un scanner géant porté par un hélicoptère, permettront de connaître la composition des 200 premiers mètres de nos sous-sols. Cette opération, financée à hauteur de 2,4 millions d’euros et portée par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), est une première dans l’île.

C’est un drôle d’engin qui est en train de survoler La Réunion ces derniers jours. Pendant trois mois, un hélicoptère équipé d’un immense scanner va analyser les sous-sols réunionnais. L’opération - qui a déjà eu lieu à Mayotte, en Martinique ou en Guadeloupe - est déployée pour la première fois sur notre île. Porté par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) et mis en oeuvre par la société Skytem, le projet représente un investissement de 2,4 millions d’euros. Une somme qui est notamment financée le Feder, le fond européen de développement régional.

Afin de connaître au mieux des sous-sols de La Réunion, un signal utilisant deux méthodes sera envoyé dans la roche. Le magnétisme permettra de fournir une cartographie des grandes formations volcaniques de La Réunion. Pour sa part, l’électromagnétisme pourra restituer jusqu’à 200 mètres sa composition et notamment la résistivité. "Dans le contexte particulier de La Réunion (contexte insulaire, formations volcaniques, besoins matériaux en eau, présence de nombreux risques…), ces levers permettent une investigation globale", précise le BRGM.

Les données récoltées tout au long de l’hiver austral seront particulièrement précieuses pour le bureau de recherches géologiques et minières. Les informations permettront notamment de prévenir les risques naturels, et notamment les grands glissements de terrain à Grand-Ilet ou Hell-Bourg. La cartographie réalisée sera également utile pour orienter la prospection de nouvelles ressources en eaux souterraines.

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La Réunion: "La dégradation de l'île favorise les attaques de requins".

Par Claire Estagnasié, publié le , dans le journal "L'Express".
 
Une touriste de 15 ans a été tuée ce lundi par un requin sur l'île de la Réunion. L'océanographe Bernard Séret, spécialiste des squales à l'Institut de recherche pour le développement fait le lien entre le développement de l'industrie touristique et la recrudescence des attaques. 
Comment expliquer que La Réunion, si longtemps épargnée, soit désormais la cible de nombreuses attaques de requins? Les explications de l'océanographe Bernard Séret, chercheur à l'institut de recherche pour le développement. 

 

Quelle est la spécificité des requins de l'île de la Réunion?

Contrairement à l'Australie qui a un territoire immense et où activités de loisirs et biodiversité peuvent cohabiter, la Réunion est handicapée par son petit territoire. La côte sud est inhospitalière, la mer n'est pas très abordable, les récifs sont parsemés en confettis. Comment préserver l'écosystème en développant des infrastructures touristiques et des spots de surfs sur à peine 40 kms de côte? De plus, la faune marine a évolué ces dernières années: le nombre de requins semble être en légère augmentation, d'après les constatations des pêcheurs locaux, mais nous n'avons pas de données objectives pour le moment.

Les attaques de requins sont-elles en augmentation à la Réunion?

Les requins ont toujours attaqué les humains, mais les attaques mortelles sont plus fréquentes aujourd'hui. Avec le développement des activités de loisirs depuis les années 1970, l'écosystème de cette région a changé. Les côtes ont été dégradées, ce qui a poussé les requins qui y vivaient à se déplacer ailleurs. Il s'agissait de requins de petite taille, pas agressifs, mais très exigeants en terme de milieu marin. Les requins Gollum, qui mesurent plus de 3 mètres, les ont remplacés, car ils peuvent se développer même en milieu aquatique altéré. Cette espèce peut être très dangereuse pour l'homme et attaque fréquemment en eaux troubles, ce qui est le cas dans les estuaires pollués. Ils viennent parfois près des plages à une profondeur d'un mètre d'eau à peine. La surpêche joue aussi un rôle dans le rapprochement des requins près des côtes. Comme les petits poissons se font plus rares au large, ils viennent chercher de la nourriture plus près des côtes. La situation est préoccupante : la Réunion a connu une succession d'années noires depuis les années 1990. 

Comment faire pour préserver l'équilibre entre sécurité humaine et biodiversité?

Le problème est insoluble actuellement. Seule une décision des élus locaux pourrait faire avancer la situation, en prenant en compte ce qu'est le bien commun. En l'occurrence, faut-il investir dans un parc de loisirs ou une réserve marine? C'est un choix politique. Si l'on opte pour la préservation de la faune, il faut limiter les industries touristiques, à l'instar de ce qui se fait en Polynésie. Bien sûr cela a un coût au début, mais à terme l'écotourisme peut devenir rentable. Prenons l'exemple de Port Cros sur la Côte d'Azur près d'Hyères: ce projet a été très critiqué au début, mais aujourd'hui, grâce au parc national, on a réussi à sauvegarder l'écosystème tout en attirant de nombreux visiteurs. L'intérieur de la Réunion est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, nous pourrions aussi y rattacher les côtes. Installer des vigies pour surveiller les plages ne suffit pas à assurer la sécurité des touristes. 

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L'agriculture familiale. "Terres d'ici". Antenne Réunion.

L'agriculture familiale [Terres d'ici - Antenne Réunion]

 

 

Portrait de la famille Morel qui, sur les hauts de St-Joseph à la Réunion, pratique une agriculture dite "familiale".L'organisation des Nations-unies a dédié l'année 2014 à l'agriculture familiale. Ce type d'agriculture constitue l'immense majorité des agricultures du monde : elles regroupent 2,6 milliards de personnes soit près de 40 % de la population mondiale au sein de 500 millions d'exploitations agricoles. Ce thème représente un engagement fort et de longue date du Cirad pour lequel l'être humain - paysan, agriculteur - est une des préoccupations majeures, et qui avait mis en œuvre dès 1998 un programme "agriculture familiale et mondialisation". Tout au long de l'année 2014, les équipes du Cirad porteront leurs messages d'expert sur la scène nationale et internationale.Plus d'informations :http://www.agriculture-biodiversite-oi.org/Science-recherche/Actualites/Rencontres-scientifiques/Les-agricultures-familiales-theme-majeur-pour-l-Onu-et-le-Cirad-en-2014.

 

 

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